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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 10:11

2473134087_b537e2c03c.jpgEn ce moment je travaille sur un beau projet relatif à la lecture, à l’écriture, aux écrivains. Je les contacte, je les rencontre, je les interroge, je les découvre, je discute, et j’aime ça.

La plupart du temps.

Il faut dire que j’ai de la chance, jusque là je n’ai rencontré que des gens attachants. Vous allez me dire que je m’attache trop facilement, et bien non, ce n’est pas le cas, c’est juste que jusque là, vraiment, je n’ai croisé que des personnes séduisantes.

La semaine dernière par exemple, j’avais rendez-vous avec Philippe Jaenada. J’ai adoré qu’il me donne rendez-vous au Métro bar, 236 rue du Faubourg Saint-Martin en me disant qu’il s’agissait « d’un petit café avec un store orange assez miteux ».
C’était un café que j’avais croisé dans son dernier roman, La femme et l’ours, ce lieu donnait une dimension romanesque à cette rencontre.

Les premiers échanges, ces mails anodins qu’on s’envoie pour fixer les rendez-vous, permettent assez précisément de s’imaginer à qui on a affaire. Je surinterprète sûrement ces indices, mais je trouve que le ton, les formules choisies, le style employé dans ces messages pourtant très brefs en disent souvent long sur la personne.

Il se trouve que Philippe Jaenada m’a très vite répondu, enthousiaste : « Bien sûr, Rose, avec plaisir. ». Nous ne nous connaissions pas du tout, j’ai trouvé ces quelques mots de bonne augure. Et puis après est arrivée cette histoire de café au store miteux, tout s’annonçait définitivement pour le mieux.

Avant l’entretien j’ai quand même révisé un peu, j’ai regardé une vidéo, histoire de voir un visage figé s'animer ; grâce à Internet, on peut faire connaissance avant l’heure et j’avoue que je trouve ça rassurant. J’ai aimé visionner cet entretien, il m’a permis de me mettre dans le bain et d’arriver détendue au Métro Bar. Je la sentais bien cette discussion.

La suite vous la devinez, j’ai effectivement rencontré un homme très sympathique, pas un ours, non, pas du tout.

Puis mercredi matin, j’avais rendez-vous avec Kéthévane Davrichewy. Le contexte était un peu différent, je l’avais contactée par l’intermédiaire d’un ami commun. Je savais très bien qui c’était, je veux dire physiquement : je l’avais vue sur scène lors des représentations de Tout ira bien, je l’avais aperçue aux concerts d’Alex Beaupain, mais aussi à l’occasion du dernier spectacle de Diastème, venue voir puis revoir Une Scène. Si je me souviens bien, le soir de la première, elle était assisse juste à côté de moi. Et puis récemment j’ai lu Les Séparées, son dernier roman, un texte d'une force incroyable qui m’a beaucoup touchée. 

Quand je suis arrivée au rendez-vous, Kéthévane était déjà là, assisse à la terrasse ensoleillée du Bonaparte, face à l’église Saint-Germain-des-Prés. Un bien bel endroit. Pour une bien belle rencontre également.

Quant au dernier écrivain que j’ai vu, c’était hier, je ne dirai pas son nom, je dirai juste qu’hier, il avait une tache, mais que d’habitude il n’en a pas, non, il n’est pas si vieux que ça. Une toute petite tache sur un pull sombre, une tache qui ne se remarquait presque pas. Lui l’a remarquée, là, juste devant moi.

- Rien de grave, j’ai dit.

- Si, car j’avais un déjeuner avant de vous voir !

- Ah dans ce cas, effectivement…

L’impression, parfois, de ne pas exister.

Rien de grave. Je suis rentrée, j’ai écrit quelques belles pages, belles peut-être pas, mais des pages qui me plaisent, c’est déjà ça. Il m’a suffi de le voir pour écrire de belles choses, juste après.

C’est toujours comme ça. Et c’est bien.

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Published by vaporiserunemouche
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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