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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 18:16

Noix-fraiche-FRG-thumb-600x400-pola01-copie-1.jpgJ’avoue que ça vire un peu au cauchemar cette affaire : écrire un billet, écrire un billet, écrire un billet. Tous les jours je me dis que je vais le faire. Plus d’un mois que je songe à l’écrire ce billet. Puis je me défile, par manque de temps, de courage, peut-être même d'envie. Pas un manque d'envie d'écrire, non, ça je le fais ailleurs, un manque d'envie de raconter ma vie ici.

 

Pourtant il faut s’y remettre. J’ai aimé le faire pendant plus d’un an, je ne vois pas pourquoi cela cesserait. Il y a aussi vos sollicitations qui me mettent une sacrée pression : j’ai reçu plusieurs mails, tous très gentils, s’inquiétant, se demandant, m’encourageant, soulignant qu’on est en octobre maintenant, que la trêve estivale est belle et bien terminée et que je n’ai toujours rien posté.

 

Honte à moi.

Une sacrée pression en somme.

Laborieusement peut-être, mais s’y remettre.

 

C’est vrai. Je n’ai pas d’excuse ou si peu. Je n’ai pas vraiment le temps (mais ça c’est une fausse excuse, quand on veut, on peut) et je ne suis pas vraiment inspirée (même chose, en s’y mettant, on trouve toujours quelque chose à raconter). Peut-être que c’est simplement que je n’ai pas envie de ramer. Et c’est peut-être aussi parce que je me fais bouffer par des choses diverses et variées dans lesquelles j’ai du mal à me replonger.

 

Bon honnêtement, il est trop tard pour revenir sur le bel été passé, c’est fini, il reste les souvenirs, mais le sujet est clos. C’est presque l’hiver, ce serait vraiment déplacé voire insensé de vous rappeler qu’il faut à nouveau attendre un an pour avoir chaud et pour se baigner.


Peut-être qu’il est encore temps de revenir sur septembre, sur le retour à la vraie vie,
sur les amis qu’on retrouve, sur les nouveaux livres qu’on découvre, et sur le plaisir de retourner s’enfermer dans le noir voir des gens à qui il arrive de drôles d’histoires. J’ai aimé Laurence Anyway, beaucoup. J’aime Dolan, j’aime Melvil Poupaud, j’ai aimé le résultat de l’addition Dolan+Poupaud. J’en ai vus quelques autres, des films sympathiques, de bons moments, mais rien d’essentiel. Je pense à Du vent dans mes mollets, émouvant, mais pas suffisamment, je pense aussi à Cherchez Hortense, plutôt plaisant, mais que j’oublierai assez vite, je le sais.

 

En septembre il y a eu de la musique aussi bien sûr, de nouveaux disques et puis un concert, celui d’Alex Beaupain dans une toute petite salle pas bien loin d’ici. C’était chouette, intime et touchant. La suite, c'est un nouvel album en préparation, et puis un concert à l’Olympia en mai, le 13 exactement, pensez à réserver.


Et puis des dîners et des amis. Et des dîners. Encore. C’est ça qui est bon en septembre aussi, les retrouvailles. C’est joyeux, ça fait passer la pilule. Restent ceux qu'on avait envie de retrouver mais qu'on a manqués, ceux qui vivent leur vie, dans leur coin.

 

Et puis un « Tu me manques » écrit à un ami trop absent, trop silencieux, c’était la nuit, dans un rêve. Drôle de rêve. Rien d'autre qu'un mail presque blanc, presque vide, juste ce « Tu me manques ». Un silence qui inquiète, qui souligne l’absence et qui fait parfois du bruit, un bruit qui devient assourdissant certains jours.

 

Et puis l'automne, la confiture de châtaignes, les noix fraîches, et puis la pluie. La pluie dense, celle qui mouille, qui se fait entendre, qui rend la lumière grise et le cœur ombrageux, qui m’étouffe un peu.

 

Sinon ça va. Merci.

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 14:46
Un long trajet en voiture à l'étranger, du temps pour écrire un petit texte à publier quand ma connexion internet reprendra ses droits.
En voiture il n'y a pas grand chose à faire et pourtant le temps passe vite. La plupart du temps. Je lis, un peu, en ce moment Sylvia de Leonard Michaels, un très beau texte ; je rêvasse beaucoup, ce qui par conséquent implique que je ne parle pas tellement. Et puis bien sûr j'écoute de la musique, des tonnes de musique, toute cette musique qui remplit nos IPhone. En voiture j'aime réécouter de vieux trucs pas entendus depuis longtemps, presque oubliés. La règle tacite c'est l'alternance, l'IPhone de l'un, celui de l'autre, les goûts de l'un puis ceux de l'autre. Ce n'est jamais la guerre, rien d'insupportable à supporter, juste des préférences à imposer, et en ce qui me concerne, des stratégies à mettre en place pour optimiser. Un conseil de base pour ne rien y perdre : ne jamais griller son tour en mettant un album qui est aussi sur l'Iphone du voisin. Autre technique : lancer des listes de lecture sans fin, genre tout Biolay en mix, et là c'est parti pour au moins 30 chansons peinards, avant que l'autre ne réalise l'entourloupe.
En vrac, la BO du jour donne à peu cette liste là : Sparklehorse, Beach House, Harlan T Bobo, Daniel Darc, Alt-J, Yann Tiersen, Animal Collective, Benjamin Biolay, Lambshop, Elliott Smith, Charlotte Gainsbourg, Hanni El Khatib, Keren Ann, Léonard Cohen, Alex Beaupain, Lykke Li, The Mountain Goats, et quelques autres. Tout est bon là-dedans, vous pouvez piocher sans crainte et savourer.

Le mois dernier j'ai beaucoup voyagé, j'ai donc eu le temps de réfléchir, de penser toujours aux mêmes, à ceux qui me touchent, qui m'intriguent, qui m'inquiètent. J'ai peu lu, trop occupée, préoccupée, trop fatiguée, immergée dans mes pensées.
Si, une nuit j'ai lu un bouquin de Nicolas Rey, comme ça, d'une traite, sur mon Ipad et sans doute pas par hasard. C'était triste mais plein d'espoir. Un Léger passage à vide, c'est le titre.

J'aime l'été, la lumière est belle, complaisante comme dirait Depardon, et surtout j'ai le temps. Du temps pour rêver, inventer des histoires, imaginer des situations et les formuler, encore et encore dans ma tête. Quand septembre viendra, je serai prête, prête pour écrire, terminer une histoire ; pourtant j'ai peur que tout disparaisse, que les mots s'en aillent avec l'été. Alors au cas où, je prends des notes, j'écris des bouts par-ci, par-là, sur mon IPad, sur mon IPhone, c'est un bordel sans nom. C'est important de prendre les devants, de ne pas laisser filer ces délicieux moments où tout est limpide, évident. Ils ne durent pas.

Et puis l'été, je rêve davantage la nuit aussi. Du moins je me souviens de mes rêves, plus souvent. Il y a quelques temps, j'ai rêvé qu'un ami qui jamais ne m'écrit de longs messages m'avait écrit un très très long mail. Du contenu du mail je n'ai aucun souvenir, mais quand je me suis réveillée, quelques mots, les derniers, continuaient d'exister, comme s'ils étaient encore bien réels.
Tout en bas du mail, détaché du reste du texte à la manière d'un post-scriptum, il y avait ces mots qui tenaient sur une seule ligne :
"aujourd'hui 26 verres et 17442 larmes"
Ces chiffres, ceux-là exactement, j'en suis certaine. Curieusement. J'ai trouvé ça très triste mais surtout très beau, et j'ai aimé l'idée d'avoir rêvé une si belle phrase.

Oui, ce billet est confus, décousu, il part dans tous les sens ; normal il a été écrit en mille morceaux, vaguement relu avant la sieste, à l'ombre d'un figuier (non je déconne, pas de figuier, juste un souffle d'air frais et un livre un peu chiant qui font qu'effectivement je vais bientôt sombrer).

Qu'importe, c'est l'été. J'ai le temps.
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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 18:29

Fille-Mere.jpgCest déjà fini. Mon premier festival d'Avignon...


Douloureux retour à Paris, passage laborieux du soleil à la pluie, de 37 à 17 degrés, sans transition aucune. Partie de là-bas dans une robe trop courte, jai fini la journée les jambes trop mouillées pour un mois d’été. Atterrissage brutal, envie de pleurer.


Jai aimé lambiance, jai aimé cette ville dédiée tout entière au spectacle vivant, jai aimé les spectacles que jai vus, certains m'ont bouleversée plus que dautres. Forcément.

J'ai aimé, et pourtant je reste mitigée. Des sensations ambigües et des impressions contradictoires sur ce fameux festival nont cessé de se succéder durant ces quelques jours : étonnant mélange de joie et de tristesse, dadmirable et de pathétique. Jai croisé des acteurs grossièrement déguisés, maladroitement maquillés, des beaux parleurs de pacotille et autres jongleurs désespérés ; jai vu trop daffiches affreuses, vulgaires, dépourvues d'élégance. Parmi la multitude dimages accrochées dans les rues, seules quelques unes seulement séduisent, attirent, donnent envie. Rares sont celles qui relèvent du Beau. Javais envie de beauté, et trop souvent la laideur ma écoeurée. 


J'ai aimé cette première soirée, une très belle entrée en matière, attendue et à la hauteur de mes espérances. Evidemment j'ai aimé Fille|Mère, cette superbe pièce écrite et mise en scène par Diastème. C'est au Chêne Noir, allez-y, c'est beau, intelligent, séduisant. C'est drôle et triste à la fois, pimpant et enthousiasmant, c'est émouvant, bouleversant, touchant. 

 Si le texte en lui-même est très fort, les comédiens le sont tout autant. Andréa Brusque est formidable, incroyable de sincérité dans sa manière de traduire la complexité des relations, plus largement la complexité de la vie qui n’épargne personne.

Et parce que cette histoire parle de la douleur, de la colère, de ceux qui souffrent, elle nous concerne tous. Elle met en lumière une relation mère-fille ambiguë, tiraillée par l’amour, tiraillée par la haine ; une relation qui étouffe, qui oppresse, une configuration familiale qui implique une sorte d’impossibilité de s’exprimer. Jusqu’à ce que…

 Il y a aussi cette belle interrogation, centrale, sur le sens du verbe aimer ; un très beau passage qu’il ne faudrait surtout pas oublier. « Manger, boire, dormir, ça c’est facile à expliquer ! Mais “aimer” ? “Aimer le cognac”, d’accord, mais “aimer quelqu’un” ? Ça veut dire quoi “aimer quelqu’un” ? »

Et oui, trois sujets possibles: l’amour, la mort, l’alcool…Forcément. 

 

J'ai aussi beaucoup aimé la pièce de Christophe Honoré, Nouveau roman, un spectacle passionnant, intelligent, documenté. Il sagit dune très belle création, riche, intéressante, bien construite. Rien à voir avec ce que j'ai pu lire dans Télérama.... Si j'étais Honoré, j'aurais très envie de l'agresser cette dame qui, soit n'a rien compris, soit fait du mauvais esprit. Je ne suis pas lui et pourtant, je me suis énervée toute seule en lisant ce papier, truffé de reproches injustifiés et tellement loin de ce que moi jai vu. Jai aimé, j'ai été absorbée, et nai pas vu passer ces 3h30 de représentations là.


Les 3h30 suivantes, celles consacrées au Maître et la Marguerite ont eu un peu plus de mal à passer : un beau spectacle, sans aucun doute, mais loin d’être exceptionnel contrairement à ce que jai pu lire un peu partout. La mise en scène se veut déjantée et excentrique, mais cest souvent pompeux, quant à laspect déjanté, ce n'est finalement quune posture.


Et puis Cherkaoui, oui. PUZ/ZLE. Un cadre fantastique, les carrières de Boulbon, un lieu magique, unique. Et puis ces corps qui se meuvent,  cette chorégraphie en communion avec le lieu, une vraie parenthèse dédiée à la beauté du mouvement. Jai aimé le jeu avec la pierre, véritable pièce du puzzle, le côté minéral des décors, sorte de mise en abyme du lieu de laction. Jai moins aimé la bande-son, tout particulièrement les polyphonies corses, omniprésentes et presque agaçantes. 


A ceux qui sont restés là-bas je souhaite une belle fin de festival, tout spécialement à toi cher ami, que ces deux semaines à venir te soient douces et pleines de succès...

A ceux qui passeront par là-bas les jours prochains je souhaite de belles surprises et des émotions fortes.

Et n’oubliez pas mes recommandations : Fille|Mère, Nouveau roman, Puz/zle. 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 18:53

lampions.JPGCa y est, c’est l’été, en tout cas c’est officiel, 21 juin, début des festivités. Cela ne veut pour autant pas dire qu’il est question de soleil encore moins de chaleur, ne rêvons pas. Mais c’est l’été, et il y a des signes qui ne trompent pas.

 

Premier signe, j’ai enfin bouclé, ou presque, une trop longue liste de choses à faire avant l’été justement. Je me sens légère, disons plus légère, la légèreté n’étant pas ce qui me caractérise le plus en ce moment.

 

Deuxième signe, l’ouverture de la billetterie du Festival d’Avignon, ça y est, c’est fait. Ce ne fut pas une mince affaire mais j’ai mes places : à moi Honoré, Diastème, Sidi Larbi Cherkaoui, et autres réjouissances. Hâte.

Vous avez peut-être vu l’affiche du spectacle de Diastème Fille|Mère : si l’affiche est si belle, c’est que c’est Diastème en personne qui l’a conçue, si la photo est si belle c’est que c’est Richard Schroeder qui l’a prise. Et la pièce sera somptueuse, forcément, mais de cela je reparlerai en temps et en heure. Hâte. Pour plein de raisons.

Je suis également très impatiente de découvrir le spectacle de Christophe Honoré, Nouveau roman : la promesse est énorme, mes attentes colossales, mais je ne doute pas une seconde que cette pièce sera un grand moment. Quant à Sidi Larbi Cherkaoui, j’ai adoré Tezuka, je l’ai écrit ici, je ne pouvais pas faire l’impasse sur Puz/zle. Hâte.

 

  L’été en bel et bien là, il y a d’autres signes qui ne trompent pas. Certains signes sont même plutôt déprimants, nous précipitant avec violence dans l’hiver avant même d’avoir eu la possibilité de se réchauffer. Je pense par exemple aux soldes. Mercredi, pour ceux à qui cela aurait échappé, débute cette terrible période de soldes, matérialisant indirectement la fin de la légèreté, l’arrivée de l’automne : on brade tout, étiquettes rouges placardées sur les jolis maillots de bain, sur les tongs et autres chapeaux de paille. On a à peine eu le temps de réaliser qu’on pouvait enfin porter des tee-shirts que les tee-shirts, justement, doivent disparaître ; on n’a toujours pas eu l’opportunité d’enfiler un maillot qu’eux aussi doivent partir pour laisser la place aux cartables et autres parkas gris souris. Oui, au Monop’ du coin, les cartables sont déjà installés : là aussi j’ai cru défaillir, et si j’avais encore été en âge d’aller à l’école, je crois que j’aurais pu pleurer. Dans un autre magasin, j’ai aperçu un espace « Avant-première Automne-Hiver ». Cet écriteau m’a plombé le moral. Tu parles d’une avant-première. J’ai fui. Pas hâte.

La bonne nouvelle c’est que dès la semaine prochaine, vous pourrez remplir vos valises de chiffons légers et colorés à moindre prix…

 

  Sur ce je vous souhaite un bel été, malgré la pluie, malgré le vent, malgré le froid. En ce qui me concerne je vais pas mal bouger, et risque donc d’être plutôt absente de ce blog les mois qui viennent. J’essaierai quand même de vous faire un compte-rendu de mon séjour avignonnais pour vous donner mon sentiment sur les beaux spectacles que j’aurai vus.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:07

photo-copie-2.JPGIl y a quelques jours j’ai lu un texte. Un texte écrit par une personne que j’aime et qui m’est chère mais que j’ai envie de tuer aussi parfois. Assez souvent même. Disons plutôt sur qui j’aimerais pouvoir crier.

 

 

J’ai envie de crier quand elle me répond en deux lignes, voire en deux mots, voire en rien du tout.

Quand elle sous-entend que ça ne va pas fort mais qu’elle ne me dit surtout pas pourquoi.

Ou encore, plus rarement, quand je la croise dans un escalier et qu’elle ne me voit pas.

 

Je ne m’attache pas beaucoup aux gens ; c’est assez rare que je sois séduite, touchée, enthousiasmée par une personnalité. Je n'aime que quelques personnes seulement.

Il se trouve que cette personne je l’aime comme on aime un frère, une sœur.

On ne sait pas bien pourquoi, on l’aime parce que c’est comme ça, parce que pour une part ça relève de l’évidence.

On n’y peut rien et pourtant ce n’est pas un hasard, ça ne tient pas à rien. Je dirais que ça tient à une accumulation de traits, de qualités ou de défauts, à une concentration de détails qui vous touchent chez un autre.

Il y a des gens comme ça qu’on aime sans réserve, sans limite, quoi qu’ils fassent, et sans rien attendre en retour. Je dis des gens par protection, pour faire diversion, pour essayer de transformer une sensation assez unique en quelque chose de commun.

Non je ne suis pas amoureuse, n’allez surtout pas croire ça, ce serait une grossière erreur, ce serait transformer quelque chose de léger en quelque chose de lourd, ce serait essayer d’introduire des notions de séduction, de désir là où il n’y en a pas. Je n’ai jamais cherché à le séduire, ni même à lui plaire.

Etonnamment simple, sans enjeu ni arrière-pensée.

 

Cela n’en reste pas moins difficile à gérer ; c’est difficile de trouver sa place, si tant est qu’on en ait une de place. De cela je n’en suis même pas certaine puisque c’est mon point de vue que j’expose ici, et que comme dans la plupart des relations, l’équilibre, la symétrie n’existent pas.

 

S’il lisait cela il ne comprendrait pas.

S’il lisait cela il ne réagirait pas. C’est toujours plus simple de ne rien dire, de laisser couler. Pour cela non plus je ne lui en veux pas.

 

Hier pourtant j’étais triste, triste qu’il ne me dise pas ce qui n’allait pas, et j’étais fière aussi, fière qu’il ait écrit un si beau texte.

Je lui ai dit. Je lui ai aussi dit que j’avais envie de le tuer, qu’il m’énervait –oui, j’étais vraiment énervée, une espèce de colère profonde, froide, contenue,  et puis tout de suite après j’ai regretté.

J’ai regretté de l’ennuyer avec ça, de toucher à sa liberté, sa liberté de se confier ou pas, de parler, ou pas. Il est un peu bourru, je respecte ça, pas envie de l’embêter avec ça.

 

Mais je crois qu’hier, j’étais prête à me faire envoyer balader, prête à tout entendre. J’attendais cela. Mais non rien.

Si en fait, il y a eu un joli message, que j’ai lu beaucoup plus tard, alors que j’étais calmée. Et qui m’a tout particulièrement touchée.

Puis plus rien. Comme toujours.

J’attends toujours plus alors que j’ai déjà beaucoup.

Juste savoir qu’il est là.

 

Son texte, il est vraiment beau, d’une grande sensibilité, tout en retenu. Il est triste aussi.

Il lui ressemble.

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 22:05

TeZukA portrait w858Hier soir les hommes de Cherkaoui ne portaient pas de jupe. Pas cette fois.

 

Ils étaient nombreux à évoluer sur la scène de la grande halle de la Villette : environ une dizaine de danseurs, trois musiciens, et un calligraphe. Somptueux.

Le spectacle s’appelle Tezuka. Tezuka comme Osamu Tezuka, un des artistes majeurs de l’histoire du manga auquel Sidi Larbi Cherkaoui a décidé de rendre hommage.


Je n’ai aucune attirance pour les mangas, je n’en lis pas, je n’y connais rien. Bon Astro Boy, ça me disait quelque chose, quand même, mais j’atteins très vite les limites d’un sujet qui, pour être honnête, ne m’attire pas spécialement.

C’est donc bien pour Cherkaoui que j’étais là, pour voir de la danse, des corps en mouvement, plus que pour le sujet abordé.

Un spectacle en deux parties, aéré par un entracte. Mais à mi-parcours je n’avais pas besoin d’air. Si les danseurs eux, avaient peut-être besoin de souffler, les spectateurs absolument pas. Pendant les 45 premières minutes, j’ai été surprise, bouleversée, absorbée par ce qui défilait sous mes yeux, par ce ballet atypique, assez indescriptible (disons plutôt que je n’ai pas très envie de décrire).

Tout au long de la soirée, je n’ai cessé de me répéter à moi-même que c’était incroyable, que ce mec était un magicien.


Ce spectacle est magique, esthétique, original, d’une richesse incroyable.


Puis la pause est arrivée, imposée, malgré le fait que je n’avais pas du tout envie d’attendre 20 minutes, malgré le fait que j’avais très envie de rester immergée encore un instant dans cet univers sonore et visuel tellement poétique.

Et puis ça a repris, avec la même énergie, et de nouvelles surprises à chaque instant.

 

J’ai entendu des commentaires moins enthousiastes, déjà à l’entracte, et puis à la fin en sortant, mais je ne partage pas l’avis de ces gens. A ceux que j’ai entendu dire qu’il n’y avait pas assez de danse, j’aurais pu répondre que la danse était partout, dans chaque bras qui se levait, dans l'intensité de chaque déplacement, dans chacune des inventions chorégraphiques que nous avons eues sous les yeux.

Et à ceux que j’ai entendu dire qu’il y avait trop de choses, que le spectacle était trop riche, j’aurais pu répondre que quand c’est beau, ce n’est jamais trop beau.


Cela me fait penser à quelque chose d’autre de beau, de très beau, d’exceptionnel et de quasi unique, à un cadeau d’une valeur inestimable.

Quelque chose qu’il me fallait, que je souhaitais profondément, que j’ai finalement eue.

Maintenant qu’elle est accrochée, là en face de moi, dans mon salon, je me réjouis de pouvoir la contempler, de pouvoir reculer pour l'observer de loin, de pouvoir m’approcher d’elle à chaque instant. Je me réjouis de pouvoir juste y jeter un œil en passant, de pouvoir m’arrêter et l’observer longuement, dans ses moindres détails.

 

Cette photo je l’aime vraiment.

 

En parlant de cadeau, j’en profite pour célébrer une date anniversaire : et oui, le 16 avril ce blog a eu un an. Un an déjà que j’essaie d’écrire à peu près régulièrement sur à peu près n’importe quoi. Le temps passe tellement vite que j’ai raté la date ; je m’en veux un peu, comme si j’avais raté l’anniversaire d’un ami qui m’est cher. Car finalement ce blog c’est un peu comme un ami, j’y pense très régulièrement. Je ne dirais pas qu’il m’obsède, non, comme un ami j’ai dit, mais que j’y pense oui. Avec tristesse parfois, car je regrette de le délaisser trop souvent, et avec une grande tendresse aussi bien sûr. J’aime bien l’idée qu’il existe, qu’il soit là.


Comme un ami.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 21:58

e5e27afd-ac47-c6d5-c5f3-e670286c7112Ca y est, le débat c’est maintenant.

Et dimanche soir, cette longue histoire se finira.

Enfin.

Ras le bol de cette campagne, de cet entre deux tours qui n’en finit pas, de ces conneries qu’on entend à longueur de journée, de ces petits matins rendus difficiles par ces voix, ces mots qui sortent de la radio.

Quatre jours. Soyons patients, croisons les doigts.

 Mais j’ai un peu peur.

Peur qu’à l’aide de pirouettes, de saltos, et de numéros d’équilibriste, l’autre, le mauvais, arrive à convaincre les gens, ces gens qui sont, paraît-il, encore hésitants.

 Je dois dire que j’ai du mal à les comprendre, ces gens : comment peut-on encore être hésitant ? Je n’hésite pas, pas une seule seconde, je trouve même qu’on n’a pas le choix. Quand on a un minimum de respect pour l’Autre, pour les autres, ceux qui non entourent, ceux avec qui on vit, on n’a pas le choix, non. Une seule possibilité. Alors ce débat, on s’en fiche un peu, tout a déjà été dit, on a les cartes en main, me semble-t-il.

Pas envie de faire un billet politique, non, mais difficile d’échapper à ce déferlement de propos agaçants, déprimants, énervants. Effectivement ça énerve cette histoire, et à force d’entendre des horreurs à longueur de journée, on vire mauvais. C’est triste mais c’est ainsi.

Alors n’épiloguons pas davantage sur ce qui énerve, pas ici, essayons juste de tenir bon, de ne pas tuer quelqu’un de l’autre bord, de ne pas sauter par la fenêtre de désespoir, de ne pas se désintéresser de tous ces sujets pourtant si importants.

Stop, qu’on en finisse, et que ça finisse bien en plus. Car j’espère pouvoir me réjouir dimanche soir, me détendre en les regardant s’énerver tous seuls, les perdants, à un moment où ils ne pourront plus rien faire. Ils pourront continuer à revendiquer leur bêtise, ça, rien ne les en empêchera, mais au moins, on ne sera plus obligé de se les farcir, comme dirait l’autre.

J’espère même fêter la victoire au champagne, tant qu’à faire. (Au champagne oui, n’en déplaise aux abrutis qui n’ont toujours pas compris qu’on peut avoir des idées de gauche et ne pas être allergique au champagne ; au nombre de conneries entendues sur le sujet, je préfère être claire et préciser d'emblée que non, valeurs de gauche et plaisirs ne sont pas incompatibles.)

Mais j’ai un peu peur.

Peur que contrairement à ce qui est annoncé, l’autre, le mauvais, gagne. Tout simplement.

Demain je pars en week-end, oui au milieu de la semaine, et d’aucuns auront tout le loisir de s’interroger sur la nature de mon travail, peut-être avanceront-ils même que ce n’est sans doute pas un vrai travail, allez savoir. Et bien à ceux-là je dis merde, comme ça gratuitement, en prévision d’un éventuel commentaire malheureux. On vire agressif à force de se faire agresser, c’est con, mais c’est comme ça. Et je dois reconnaître qu’après une telle quinzaine, j’ai envie d‘emplâtrer tous les gens de droite, qui justifient honteusement les propos de leur candidat. C’est sans doute idiot, il y a peut-être des gens de droite intelligents, mais en ce moment j’avoue que j’ai de gros doutes, vraiment.

Donc j’ai un peu peur.

Peur que le ton monte, qu’on s’invective, peur de les détester pour leurs idées, pour ce qu’ils sont par conséquent.

Car il se trouve que là où je vais, dans ma famille, ils soutiennent l’autre, le mauvais. Il se trouve qu’ils le revendiquent haut et fort, le plus fort possible même. Et que c’est compliqué de résister en face.

Soit on ne dit rien, on s’écrase, on encaisse. Alors on se sent lâche.

Soit on rentre dans le jeu et on argumente. Mais personne ne nous écoute ni ne nous entend, car eux ne débattent jamais, ils préfèrent asséner leurs coups avec violence et sans sommation.

Alors souhaitez-moi bonne chance, ces quelques jours au vert ne vont pas être de tout repos.

Et bon week-end à vous ; n’oubliez pas de rentrer dimanche pour voter, sauf si bien sûr, vous et Nicolas…

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 16:14

9782879293042FS.gifWho will remember your fingers?


Their winged life? They flew


With the light in your look.

[…]

I remember your fingers. And your daughter’s


Fingers remember your fingers
In everything they do.


Her fingers obey and honour your fingers,


The Lares and Penates of our house.

 

Ted Hughes, Fingers

 

107 ans au théâtre Montmartre Galabru, j’y étais jeudi soir. Une adaptation du texte de Diastème mise en scène et jouée par Grégory Sauvion. (Dernière représentation officielle jeudi prochain, avec peut-être une reprise ou des prolongations, à surveiller, a-t-il dit.)

Je me rappelais très bien du livre, lu il y a pourtant un certain temps. Je me rappelais de Simon, de Lucie, déjà vus sur scène dans La Nuit du thermomètre.

107 ans est un texte qu’on n’oublie pas, qui reste là malgré le temps, c’est un texte qui ne bouge pas, ne s’en va pas, et pourtant je n’ai pas une bonne mémoire, j’oublie tout. Sauf les choses importantes en fait ; et les détails, comme Simon, les choses dont tout le monde se fout, que personne ne voit.

Ce livre est important. Cette pièce est importante aussi, et depuis la scène Grégory Sauvion nous montre combien il a lui aussi été bouleversé par cette histoire. Il se l’est appropriée et restitue à ses spectateurs quelque chose de fort et de bouleversant. La salle est toute petite, la proximité est incontournable, on est assis au plus près de sa douleur.

Simon parle, ne s’arrête jamais de parler, nous livre ses secrets ; dans un monologue introspectif, construit sur le mode de la confidence, rythmé par des bas, beaucoup, mais par des hauts aussi parfois, il refait le film, recompose le passé à l’aide de souvenirs omniprésents, expose sa vision de l’histoire, sa réalité, avec un certain humour, malgré le malheur qui l’étouffe. Qui l’empêche de vivre et d’avancer.

Ce sont les mots de Diastème qui prennent vie devant nous, des mots qu’on a tellement aimés, tellement écoutés. Car ce texte s’écoute, musique d’une passion obsessionnelle ou d’une histoire d’amour qui prend la forme d’une obsession. Comme toutes les vraies histoires d’amour. L’amour est une névrose obsessionnelle a dit Diastème. Il me semble que ce récit en est une belle illustration.

107 ans, éditions de l’Olivier, 2003. L’essentiel du texte est là. Il y a bien quelques coupes, malheureuses mais sans doute nécessaires, comme cette évocation du poème de Ted Hughes et ce vers, sublime,

Qui se souviendra de tes doigts ?

J’adore cette phrase, qui veut tout dire, que j’ai attendue mais qui n’est jamais venue.

107 ans dernier acte : Simon veut nous convaincre, se convaincre que les blessures se sont cicatrisées, mais nous n’y croyons pas. Contrairement à ce qu’on dit, le temps ne guérit rien du tout, le temps ne suffit pas à effacer les séquelles de l’amour absolu. Les stigmates de cette histoire seront toujours visibles, inscrits dans sa chair, au cutter, et dans son cœur surtout.

Le temps de la convalescence amoureuse est infini, la date de fin n’arrivera pas, dans 107 ans, il sera toujours là. A se souvenir, à attendre, à espérer.

Est-ce que là où tu habites, maintenant, tu penses à moi tous les jours, comme je pense à toi tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits, à chaque seconde, chaque instant ? Est-ce que l'oubli est nécessaire à la survie ? Est-ce qu'on peut faire son travail de deuil lorsque la personne n'est pas morte ?  

J’aime à croire qu’un jour Simon retrouvera Lucie, qu’elle reviendra.

Envie de mettre une bande-son pour une fois.

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 09:33

joey-starr.jpgJe détiens un scoop, mais alors un vrai scoop, un scoop tellement scoop que j’ai décidé de lui consacrer un billet.

Faisons simple, allons droit au but.

Vous connaissez JoeyStarr ? Vous connaissez le Navibot ? Maintenant, êtes-vous capable d’imaginer JoeyStarr à côté d’un Navibot ? Vous souriez, vous grimacez, c’est normal. (Me semble-t-il.)

Tout de suite une mise au point : attention à l’orthographe de JoeyStarr, c’est un sujet sensible, très précis, qui touche directement à l’identité de l’artiste, à sa personnalité, c’est important donc, alors on s’applique. On n’écrit surtout pas Joey Starr, ni Joeystarr, ni même Joey Star, sinon on a tout faux. Mais si on trouve ça trop compliqué, on peut aussi écrire Didier, c’est plus simple et ça veut dire la même chose.

Bref, revenons au scoop. Et bien le scoop, c’est que JoeyStarr, le vrai, celui qui a une grosse voix et qui hurle sur tout ce qu’il croise (mais qui est, paraît-il, fort sympathique ; je n’en doute pas, mais quand même), celui-là même donc, possède son propre Navibot, son propre aspirateur-robot si vous préférez. (Je traduis pour les moins connectés d’entre vous.)

Si c’est pas du scoop ça ! Moi ça m’a d’abord laissée sans voix, les bras m’en sont tombés, et puis après, dans un second temps, j’ai gloussé, frénétiquement.
Maintenant à chaque fois que je vois JoeyStarr, je ris, c’est comme ça. Je n’y peux rien, j’imagine le Jaguar, c’est quand même comme ça qu’il s’est fait appeler à un moment, contempler son aspirateur-robot tournoyer dans son salon.

Peut-être même qu’il lui parle, allez savoir, peut-être même qu’il lui a donné un petit surnom. Si on voulait faire des raccourcis, il suffirait d’écrire que Joey Star a pris un animal de compagnie, et qu’il l’a appelé Navi.

L’autre soir, j’ai jeté un œil sur le live de son concert à l’Olympia, une retransmission en direct sur Arte, comme ça par curiosité, parce qu’on m’avait invitée mais que j’avais eu la flemme d’y aller. Et là j’ai vu Joey et son air mauvais, sautillant, se désaltérant avec quelques rasades de vodka, j’ai entendu sa grosse voix grave, il hurlait, éructait, il faisait presque peur. Comme l’ont écrit quelques critiques, « le fauve a fait rugir l’Olympia ce soir-là ».

Et puis j’ai pensé au Navibot du fauve et là, tout s’est écroulé, j’ai commencé à ricaner. Et j’ai soudain eu très envie de l’appeler Didier.

Je m’avance peut-être car si ça se trouve, à l’heure qu’il est, Navi est mort, disloqué à la feuille de boucher, ou atomisé contre un mur parce qu’il est passé à côté d’une miette sans la ramasser. Si je vous dit ça c’est que je sais, de source sûre toujours, que Didier n’était pas très satisfait de son robot les premiers jours. La source sûre avançait même qu’il était énervé par Navi… Cela ne laissait rien présager de bon quant à l’issue de cette histoire, mais il est aussi possible qu’ils aient appris à se connaître et qu’ils se soient mutuellement adoptés.

Si j’ai des nouvelles fraîches du Jaguar et du Navibot, promis, je ferai une mise à jour. Il ne faut pas plaisanter avec des sujets aussi brûlants qui, j’en ai bien notion, sont susceptibles de vous empêcher de dormir.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 10:11

2473134087_b537e2c03c.jpgEn ce moment je travaille sur un beau projet relatif à la lecture, à l’écriture, aux écrivains. Je les contacte, je les rencontre, je les interroge, je les découvre, je discute, et j’aime ça.

La plupart du temps.

Il faut dire que j’ai de la chance, jusque là je n’ai rencontré que des gens attachants. Vous allez me dire que je m’attache trop facilement, et bien non, ce n’est pas le cas, c’est juste que jusque là, vraiment, je n’ai croisé que des personnes séduisantes.

La semaine dernière par exemple, j’avais rendez-vous avec Philippe Jaenada. J’ai adoré qu’il me donne rendez-vous au Métro bar, 236 rue du Faubourg Saint-Martin en me disant qu’il s’agissait « d’un petit café avec un store orange assez miteux ».
C’était un café que j’avais croisé dans son dernier roman, La femme et l’ours, ce lieu donnait une dimension romanesque à cette rencontre.

Les premiers échanges, ces mails anodins qu’on s’envoie pour fixer les rendez-vous, permettent assez précisément de s’imaginer à qui on a affaire. Je surinterprète sûrement ces indices, mais je trouve que le ton, les formules choisies, le style employé dans ces messages pourtant très brefs en disent souvent long sur la personne.

Il se trouve que Philippe Jaenada m’a très vite répondu, enthousiaste : « Bien sûr, Rose, avec plaisir. ». Nous ne nous connaissions pas du tout, j’ai trouvé ces quelques mots de bonne augure. Et puis après est arrivée cette histoire de café au store miteux, tout s’annonçait définitivement pour le mieux.

Avant l’entretien j’ai quand même révisé un peu, j’ai regardé une vidéo, histoire de voir un visage figé s'animer ; grâce à Internet, on peut faire connaissance avant l’heure et j’avoue que je trouve ça rassurant. J’ai aimé visionner cet entretien, il m’a permis de me mettre dans le bain et d’arriver détendue au Métro Bar. Je la sentais bien cette discussion.

La suite vous la devinez, j’ai effectivement rencontré un homme très sympathique, pas un ours, non, pas du tout.

Puis mercredi matin, j’avais rendez-vous avec Kéthévane Davrichewy. Le contexte était un peu différent, je l’avais contactée par l’intermédiaire d’un ami commun. Je savais très bien qui c’était, je veux dire physiquement : je l’avais vue sur scène lors des représentations de Tout ira bien, je l’avais aperçue aux concerts d’Alex Beaupain, mais aussi à l’occasion du dernier spectacle de Diastème, venue voir puis revoir Une Scène. Si je me souviens bien, le soir de la première, elle était assisse juste à côté de moi. Et puis récemment j’ai lu Les Séparées, son dernier roman, un texte d'une force incroyable qui m’a beaucoup touchée. 

Quand je suis arrivée au rendez-vous, Kéthévane était déjà là, assisse à la terrasse ensoleillée du Bonaparte, face à l’église Saint-Germain-des-Prés. Un bien bel endroit. Pour une bien belle rencontre également.

Quant au dernier écrivain que j’ai vu, c’était hier, je ne dirai pas son nom, je dirai juste qu’hier, il avait une tache, mais que d’habitude il n’en a pas, non, il n’est pas si vieux que ça. Une toute petite tache sur un pull sombre, une tache qui ne se remarquait presque pas. Lui l’a remarquée, là, juste devant moi.

- Rien de grave, j’ai dit.

- Si, car j’avais un déjeuner avant de vous voir !

- Ah dans ce cas, effectivement…

L’impression, parfois, de ne pas exister.

Rien de grave. Je suis rentrée, j’ai écrit quelques belles pages, belles peut-être pas, mais des pages qui me plaisent, c’est déjà ça. Il m’a suffi de le voir pour écrire de belles choses, juste après.

C’est toujours comme ça. Et c’est bien.

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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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