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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 23:07

photo-copie.JPG« Qu’est-ce qu’il est bon, putain, qu’est-ce qu’il est bon ! »

Et ce n’est pas parce que c’est mon ami que je dis ça, non, sûrement pas. Si Diastème n’avait pas été ce qu’il est, je vous aurais dit la même chose, peut-être en mettant « le con » devant, d'accord. 

« Le con, qu’est-ce qu’il est bon, putain, qu’est-ce qu’il est bon ! »

Ce soir j’ai vu une pièce, pas n’importe quelle pièce, une pièce de Diastème donc. J’ai vu Une scène, c’est le titre de la pièce. Un bien joli titre je trouve, simple mais prometteur.

Ce soir j’ai passé un très beau moment, bien installée dans un des fameux canapés rouges du Ciné 13 Théâtre, pile au milieu, juste devant, au premier rang. J’aime bien. Diastème s’était déjà foutu de moi la dernière fois, genre « Tu ne veux pas monter sur la scène non plus ? 

- Ba si, je voudrais bien justement… » avais-je pensé très fort.

Bref, ce soir c’était la première d'Une Scène, écrite et mise en scène par Diastème, avec Andréa Brusque et Julien Honoré.
Alors ne comptez pas sur moi pour vous raconter l’histoire, pour vous dire ce qu’il se passe ni comment cela se passe, je déteste ceux qui font ça, ils anéantissent l’effet de surprise, et j’adore les surprises.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’il faut y aller, que j’ai beaucoup aimé,

que j’aimais déjà cette pièce avant même de la voir : à l’origine il y a eu quelques billets de blog. C’était en avril, en mai et en juin, trois fragments, trois scènes qui n’en font plus qu’une donc. Déjà le rythme m’emportait, je croyais aux échanges, je voyais deux personnes qui existaient, là, devant moi. Je voyais déjà Andréa mais pas Julien, non je voyais quelqu’un d’autre, je ne vous dirai pas qui. Ces dialogues fonctionnaient, ils étaient beaux et j’y croyais, je les aimais. Je les ai relus ces billets, j’avais oublié les précisions annexes, sur le contexte. Sous le premier texte, il y a écrit ça : C’est en préparant des œufs au plat que j’ai eu l’idée de vous faire une scène. Pensé que je pouvais faire ça de temps en temps. Pensé que ça changeait un peu. Pensé que c’était une bonne idée. Non ? Une super bonne idée, encore meilleure quand on sait où ça mène…

Ce que je peux faire, c’est aussi vous dire qu’il y est question d’amour, toujours, de belles rencontres, d’échanges, de tranches de vie en somme,

que les dialogues sont sportifs, que ça renvoie la balle très vite, que ça joue fond de cours et que soudain ça monte au filet,

que c’est vraiment très bien foutu, rythmé comme il faut,

que c’est comme des montagnes russes en mieux, en plus souple, que ça ne rend pas malade au moins,

que c’est drôle, subtil, intelligent,

que la mise en scène est sobre, élégante, mais piquante,

qu’il y a deux acteurs, une femme, un homme, je ne vous apprends rien, c’est écrit sur l’affiche,

qu’il y a Andréa Brusque, ah Andréa!

Andréa, c’est la force tranquille, en plus fort et en moins tranquille. Cette fille m’impressionne, j’admire ce qu’elle est capable de faire. Il faut savoir qu’Andréa écrit, qu’Andréa met en scène, qu’Andréa joue la comédie. Respect. J’ai vu Cordoba, j’ai vu Une envie de tuer sur le bout de la langue.

Andréa sur scène est incroyable : elle passe d’un état à un autre aussi vite que l’éclair, d’un visage à un autre avec une facilité désarmante, elle dégage une énergie folle tout en restant touchante. Et puis elle est aussi présente sur scène qu’elle se fait discrète dans la vie : je l’ai croisée plusieurs fois, à des concerts, à des représentations. Andréa est tout le contraire de l’actrice qui fait du bruit, qui s’agite frénétiquement, qui a besoin qu’on la remarque. Elle existe pour ce qu’elle fait, elle n’a décidément pas besoin de gesticuler, comme certaines. Les actrices en font souvent des tonnes, minaudent, s’agitent, Andréa n’est pas de celles-là.

C’est Julien Honoré qui lui donne la réplique. Il est parfait, il m’amuse, j’aimerais le voir plus souvent. Je me souviens de Gulven dans Non ma fille, tu n’iras pas danser, je me souviens de l’espion vénitien dans Angelo tyran de Padoue. Il était bon là aussi.
J’ajouterai enfin que l’affiche est belle et apaisante ; elle me fait penser à Renoir, à Une partie de campagne. Elle me fait aussi penser au calme avant la tempête, on se méfie de ces deux amants.

C’est une photo de Richard Schroeder. Les portraits de Richard sont sublimes, vraiment. Si vous n’êtes pas au courant, allez faire un tour sur son site. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de faire sa connaissance ce soir. Surprise, je lui ai dit la phrase la plus idiote qui soit : « j’adore vos photos », oui c’est honteux, je l’admets, mais en même temps c’est vrai, j’adore ses photos. Il est très fort.

Je me dis qu’il devrait peut-être mettre la barre plus haut, se « challenger » comme disent les gens qui travaillent en entreprises : au lieu de se spécialiser dans des modèles de luxe, dans les actrices sublimes qui captent instantanément la lumière, il pourrait se mettre à photographier des gens banals comme vous et moi, des gens systématiquement horribles sur les photos (je sais de quoi je parle): plus délicat, non?

Enfin voilà, j’ai passé une très belle soirée (merci mon Diastème) et je vais d’ailleurs retourner la revoir bientôt cette scène, pour le plaisir et aussi pour faire plaisir à ma petite sœur qui est sensible au charme de Julien Honoré… Ah Julien !

Allez-y vous aussi, vous aimerez.

Je ne mens jamais moi non plus.

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Published by vaporiserunemouche
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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