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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:54

tresor-tresor.jpgMon trésor, mon amour, mon lapin, mon cœur, mon poussin, mon canard, mon coucouillou, mon petit pâté, mon loulou, mon nain préféré, mon bébé, ma crevette d’amour… et j’en oublie certainement. 

Je m’étais interdit de parler de ça ici, trop intime, assurément niais, ou trop personnel tout simplement. Le risque que ça agace aussi, que personne ne comprenne cette histoire qui se joue entre lui et moi.

 Pas de photo sur Facebook non plus,  j’ai tenu bon, un moment du moins, un mois, et puis on m’a demandé de montrer sa bobine, de plus en plus souvent, alors j’ai fini par céder, par partager mon bébé. Et puis je le trouve tellement beau cet enfant que finalement je diffuserais bien sa jolie petite tête au monde entier !

 

 

J’ai souvent trouvé les nouveaux nés moches, je m’étais préparée : ne pas s’inquiéter, un petit singe tout fripé peut tout à fait devenir un très bel enfant. Et bien le mien, il a été présentable tout de suite, réveillé et éveillé, si bien qu’à un jour, il ouvrait déjà de grands yeux et regardait partout et tout le monde. Il semblait même voir les gens, les fixer. Depuis il n’a pas arrêté de scruter le monde qui l’entoure. Je sais que cela ne veut rien dire, qu’il ne sera pas forcément plus vif qu’un autre, mais je trouve que c’est très agréable d'avoir l'impression d’être face à un individu à part entière tout de suite.

 

Je pourrais le contempler toute la journée sans jamais me lasser. Je pourrais passer des heures à le photographier, à immortaliser chaque instant qui passe trop vite, chaque expression, chaque mimique, il est si touchant. Il gesticule, semble vouloir me parler, il me sourit aussi parfois. Il grimace, me jette des regards noirs, puis s’endort, d’un coup, dans mes bras. Je pourrais le garder toute la journée blotti là dans mes bras, juste là, dans mon cou, à portée de baisers. Le couvrir de baisers, l’embrasser encore sur la joue, dans le cou. Il est doux.

 

Dès que je l’ai vu j’ai été sous le charme, et je l’ai aimé fort, tellement fort. Je m’étais jurée de ne pas souler les autres, mais finalement, cela fait un mois que je lui consacre ma vie alors forcément c'est compliqué de ne pas en parler. Une nouvelle petite personne à la maison, c’est beaucoup d’attention ; tout tourne autour, tout le temps. Il est si petit, il a tellement besoin des autres. Car mon petit pâté, il a beau hurler et se tortiller dans son lit, si personne ne vient le récupérer, il est un tout petit peu coincé.

 

Coincée, je le suis un peu aussi : je ne fais plus grand chose et c’est parfois difficile à accepter. Plus de cinéma, plus de théâtre, plus de concerts, plus de restaurants (pour l’instant), mais il suffit de le regarder pour être rassurée, pour savoir que ça vaut le coup de râter une séance, de prendre du retard, un retard que je ne pourrai jamais récupérer.

Il remplace tout ça haut la main.

J’ai un peu menti en fait, car un soir, j’ai réussi à m’échapper, à remonter sur mon scooter pour aller écouter Benjamin Biolay à la Cigale. Impossible de résister. Un grand moment ce concert, très fort, puissant et élégant.

Je ne fais donc plus grand chose, je l’aime, et ça me suffit. Ca me suffit aussi parce que je vois mes amis, ceux qui se déplacent, viennent jusqu’à moi. Quel plaisir de voir qu’ils sont toujours là, pas loin.

 

Pendant que je vous raconte ça, j’entends Cali chanter que « les bébés sont tous laids ». Que Cali vient-il faire par là me direz-vous ? Il se trouve que cette nuit mon ami Diastème a posté un joli billet dans lequel il parlait du dernier album de Cali. Il disait qu’il chantait lui aussi sur l’album, sur la dernière chanson, celle qui s'appelle Happy end. J’adore la voix de Diastème, sa façon de chanter, sa diction. Il devrait chanter plus souvent, et écrire de belles chansons, je sais qu’il fait ça très bien. Oui, ça aussi.

Du coup, j’ai écouté tout l’album, et au moment même où j’écrivais ce billet, mon si joli bébé dans les bras, j’ai entendu cette phrase : « les bébés sont tous laids ».

 

Et je me suis dit : « Ba non, pas celui-là. »

 

 

*
 

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Published by vaporiserunemouche
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Françoise 28/11/2012 20:03

Il était de toute façon impossible d'imaginer que le bébé de Rose Barthes n'eût pas les yeux grands ouverts sur le monde...

Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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