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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 18:14

 chataignes.JPGDimanche j’ai testé la balade en forêt.

Une nouvelle fois, pour vérifier combien je n’aimais pas ça.

C’est de la faute de ma sœur aussi, qui dimanche, dès l’aube, m’a envoyé ce texto : Ca vous dit un truc en extérieur ? 

Un truc en extérieur, tout un programme. Je la voyais venir avec ses gros sabots. En général je suis partante pour les pique-niques, les séances bronzette mi-ombre mi-soleil avec un bon bouquin, mais ce n’est plus trop la saison.

Je lui ai dit de préciser sa pensée, mais je savais déjà qu’elle voulait aller gambader en forêt, ça faisait un moment que l’idée la tentait. J’ai bien dit l’idée, car je savais aussi que dans la pratique elle allait vite déchanter.

J’avais vu juste, elle me faisait bien le coup de la balade en forêt.

 

C’était un beau dimanche d’automne, le soleil brillait et l’extérieur m’appelait. Alors j’ai dit :

Pourquoi pas, sans réfléchir, comme ça. Puis dans un sursaut de lucidité, j’ai vite ajouté :

Mais dans une forêt où il y a des châtaignes alors. Autant rentabiliser. La promenade en forêt c’est chiant, mais si on rapporte quelque chose qui se mange, c’est déjà plus motivant…

Objectif châtaignes donc. Il y a aussi les champignons, c’est la saison, et poêlés ou dans des pâtes, c’est très bon, mais n'y connaissant rien, je risquerais de m’empoisonner.

Vers quinze heure, je m’étais mis en tête de reproduire la délicieuse confiture de châtaignes façon marrons glacés de la Chambre aux confitures, j’avais un sac dans en poche et me dirigeais vers la forêt de châtaigniers la plus proche.

 

Si jamais mes arguments vous donnent à vous aussi envie de vous lancer, n’oubliez jamais qu’une forêt proche de Paris un dimanche après-midi, ça ressemble énormément aux grands boulevards un samedi, avec des hordes de scouts en supplément : des gens partout, des poussettes, des enfants, des parkings aménagés ici et là, tous remplis.

 

Pour être tout à fait honnête, cette affaire commençait déjà à nous agacer. Ajoutez à cela le fait que nous venions d’entendre à la radio que le BHV était exceptionnellement ouvert, vous en déduirez notre état. Coincées là au milieu de rien alors que nous avions soudaiment tellement de choses à acheter au BHV…

Je caricature, bien sûr, mais pas complètement. La nature et moi, c’est compliqué. En dehors de tout ce qui touche de près ou de loin à l’air marin, j’ai un peu de mal. Le sable, le vent, les embruns, j’aime, j’adore, et ne m’en lasse jamais ; la verdure, les sous-bois, l’odeur d’humus, j’aime beaucoup moins.

Et puis dans une forêt, même quand il fait beau, il fait sombre. Les feuilles bouffent tout, le ciel, la lumière, il fait froid, c’est humide, on s’enfonce, on se perd, rien à voir, rien à faire. Prendre l’air et s’en aller.

Au bout de cinq grosses minutes, il a fallu se rendre à l’évidence, pour les châtaignes, c’était râpé. Trop tôt, trop tard, c’est comme vous voulez. Il n’y avait rien à ramasser, j’ai piétiné deux ou trois bogues, elles étaient vides ou garnies de châtaignes miniatures, si petites qu’il n’y en avait absolument rien à en tirer.

 

Nous avons alors décidé de marcher, de nous balader. Au bout de quinze minutes, la sentence est tombée :

En fait t’as raison, c’est chiant la forêt! On rentre, on va boire un godet ?

 

A l’instant précis où je termine ce billet, mon portable vibre. J’ai un message. C’est écrit :

Je viens de comprendre pourquoi tu n’aimais pas Lescop, ça parle de forêt.

Drôle de coïncidence.

 

PS : les belles châtaignes de la photo, je les ai ramassées…à Monoprix. Rien de mieux que Monop’ en fait, et puis on y trouve aussi des Carambars.

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Published by vaporiserunemouche
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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