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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 14:46
Un long trajet en voiture à l'étranger, du temps pour écrire un petit texte à publier quand ma connexion internet reprendra ses droits.
En voiture il n'y a pas grand chose à faire et pourtant le temps passe vite. La plupart du temps. Je lis, un peu, en ce moment Sylvia de Leonard Michaels, un très beau texte ; je rêvasse beaucoup, ce qui par conséquent implique que je ne parle pas tellement. Et puis bien sûr j'écoute de la musique, des tonnes de musique, toute cette musique qui remplit nos IPhone. En voiture j'aime réécouter de vieux trucs pas entendus depuis longtemps, presque oubliés. La règle tacite c'est l'alternance, l'IPhone de l'un, celui de l'autre, les goûts de l'un puis ceux de l'autre. Ce n'est jamais la guerre, rien d'insupportable à supporter, juste des préférences à imposer, et en ce qui me concerne, des stratégies à mettre en place pour optimiser. Un conseil de base pour ne rien y perdre : ne jamais griller son tour en mettant un album qui est aussi sur l'Iphone du voisin. Autre technique : lancer des listes de lecture sans fin, genre tout Biolay en mix, et là c'est parti pour au moins 30 chansons peinards, avant que l'autre ne réalise l'entourloupe.
En vrac, la BO du jour donne à peu cette liste là : Sparklehorse, Beach House, Harlan T Bobo, Daniel Darc, Alt-J, Yann Tiersen, Animal Collective, Benjamin Biolay, Lambshop, Elliott Smith, Charlotte Gainsbourg, Hanni El Khatib, Keren Ann, Léonard Cohen, Alex Beaupain, Lykke Li, The Mountain Goats, et quelques autres. Tout est bon là-dedans, vous pouvez piocher sans crainte et savourer.

Le mois dernier j'ai beaucoup voyagé, j'ai donc eu le temps de réfléchir, de penser toujours aux mêmes, à ceux qui me touchent, qui m'intriguent, qui m'inquiètent. J'ai peu lu, trop occupée, préoccupée, trop fatiguée, immergée dans mes pensées.
Si, une nuit j'ai lu un bouquin de Nicolas Rey, comme ça, d'une traite, sur mon Ipad et sans doute pas par hasard. C'était triste mais plein d'espoir. Un Léger passage à vide, c'est le titre.

J'aime l'été, la lumière est belle, complaisante comme dirait Depardon, et surtout j'ai le temps. Du temps pour rêver, inventer des histoires, imaginer des situations et les formuler, encore et encore dans ma tête. Quand septembre viendra, je serai prête, prête pour écrire, terminer une histoire ; pourtant j'ai peur que tout disparaisse, que les mots s'en aillent avec l'été. Alors au cas où, je prends des notes, j'écris des bouts par-ci, par-là, sur mon IPad, sur mon IPhone, c'est un bordel sans nom. C'est important de prendre les devants, de ne pas laisser filer ces délicieux moments où tout est limpide, évident. Ils ne durent pas.

Et puis l'été, je rêve davantage la nuit aussi. Du moins je me souviens de mes rêves, plus souvent. Il y a quelques temps, j'ai rêvé qu'un ami qui jamais ne m'écrit de longs messages m'avait écrit un très très long mail. Du contenu du mail je n'ai aucun souvenir, mais quand je me suis réveillée, quelques mots, les derniers, continuaient d'exister, comme s'ils étaient encore bien réels.
Tout en bas du mail, détaché du reste du texte à la manière d'un post-scriptum, il y avait ces mots qui tenaient sur une seule ligne :
"aujourd'hui 26 verres et 17442 larmes"
Ces chiffres, ceux-là exactement, j'en suis certaine. Curieusement. J'ai trouvé ça très triste mais surtout très beau, et j'ai aimé l'idée d'avoir rêvé une si belle phrase.

Oui, ce billet est confus, décousu, il part dans tous les sens ; normal il a été écrit en mille morceaux, vaguement relu avant la sieste, à l'ombre d'un figuier (non je déconne, pas de figuier, juste un souffle d'air frais et un livre un peu chiant qui font qu'effectivement je vais bientôt sombrer).

Qu'importe, c'est l'été. J'ai le temps.

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Published by vaporiserunemouche
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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