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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 21:58

e5e27afd-ac47-c6d5-c5f3-e670286c7112Ca y est, le débat c’est maintenant.

Et dimanche soir, cette longue histoire se finira.

Enfin.

Ras le bol de cette campagne, de cet entre deux tours qui n’en finit pas, de ces conneries qu’on entend à longueur de journée, de ces petits matins rendus difficiles par ces voix, ces mots qui sortent de la radio.

Quatre jours. Soyons patients, croisons les doigts.

 Mais j’ai un peu peur.

Peur qu’à l’aide de pirouettes, de saltos, et de numéros d’équilibriste, l’autre, le mauvais, arrive à convaincre les gens, ces gens qui sont, paraît-il, encore hésitants.

 Je dois dire que j’ai du mal à les comprendre, ces gens : comment peut-on encore être hésitant ? Je n’hésite pas, pas une seule seconde, je trouve même qu’on n’a pas le choix. Quand on a un minimum de respect pour l’Autre, pour les autres, ceux qui non entourent, ceux avec qui on vit, on n’a pas le choix, non. Une seule possibilité. Alors ce débat, on s’en fiche un peu, tout a déjà été dit, on a les cartes en main, me semble-t-il.

Pas envie de faire un billet politique, non, mais difficile d’échapper à ce déferlement de propos agaçants, déprimants, énervants. Effectivement ça énerve cette histoire, et à force d’entendre des horreurs à longueur de journée, on vire mauvais. C’est triste mais c’est ainsi.

Alors n’épiloguons pas davantage sur ce qui énerve, pas ici, essayons juste de tenir bon, de ne pas tuer quelqu’un de l’autre bord, de ne pas sauter par la fenêtre de désespoir, de ne pas se désintéresser de tous ces sujets pourtant si importants.

Stop, qu’on en finisse, et que ça finisse bien en plus. Car j’espère pouvoir me réjouir dimanche soir, me détendre en les regardant s’énerver tous seuls, les perdants, à un moment où ils ne pourront plus rien faire. Ils pourront continuer à revendiquer leur bêtise, ça, rien ne les en empêchera, mais au moins, on ne sera plus obligé de se les farcir, comme dirait l’autre.

J’espère même fêter la victoire au champagne, tant qu’à faire. (Au champagne oui, n’en déplaise aux abrutis qui n’ont toujours pas compris qu’on peut avoir des idées de gauche et ne pas être allergique au champagne ; au nombre de conneries entendues sur le sujet, je préfère être claire et préciser d'emblée que non, valeurs de gauche et plaisirs ne sont pas incompatibles.)

Mais j’ai un peu peur.

Peur que contrairement à ce qui est annoncé, l’autre, le mauvais, gagne. Tout simplement.

Demain je pars en week-end, oui au milieu de la semaine, et d’aucuns auront tout le loisir de s’interroger sur la nature de mon travail, peut-être avanceront-ils même que ce n’est sans doute pas un vrai travail, allez savoir. Et bien à ceux-là je dis merde, comme ça gratuitement, en prévision d’un éventuel commentaire malheureux. On vire agressif à force de se faire agresser, c’est con, mais c’est comme ça. Et je dois reconnaître qu’après une telle quinzaine, j’ai envie d‘emplâtrer tous les gens de droite, qui justifient honteusement les propos de leur candidat. C’est sans doute idiot, il y a peut-être des gens de droite intelligents, mais en ce moment j’avoue que j’ai de gros doutes, vraiment.

Donc j’ai un peu peur.

Peur que le ton monte, qu’on s’invective, peur de les détester pour leurs idées, pour ce qu’ils sont par conséquent.

Car il se trouve que là où je vais, dans ma famille, ils soutiennent l’autre, le mauvais. Il se trouve qu’ils le revendiquent haut et fort, le plus fort possible même. Et que c’est compliqué de résister en face.

Soit on ne dit rien, on s’écrase, on encaisse. Alors on se sent lâche.

Soit on rentre dans le jeu et on argumente. Mais personne ne nous écoute ni ne nous entend, car eux ne débattent jamais, ils préfèrent asséner leurs coups avec violence et sans sommation.

Alors souhaitez-moi bonne chance, ces quelques jours au vert ne vont pas être de tout repos.

Et bon week-end à vous ; n’oubliez pas de rentrer dimanche pour voter, sauf si bien sûr, vous et Nicolas…

 

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Published by vaporiserunemouche
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commentaires

Carine 02/05/2012 22:44

Bonne chance (carine, fille obéissante)

Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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