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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 14:57

saison-preferee.jpgL’été se termine, il faut se rendre à l’évidence.

Franzen en Une de Libération a annoncé la rentrée littéraire, le Elle petit format n’est plus en kiosque depuis vendredi dernier, je ne suis plus en maillot de bain, je ne regarde plus l'océan mais mon écran d'ordinateur, il y a des signes, comme ça, qui ne trompent pas.

On est lundi il faut que je publie un billet.

Il faut que je publie mais c’est compliqué de s’y remettre, c’est comme le reste, il ne faut jamais s’arrêter, après c’est poussif, on a du mal à relancer la machine, on a peur aussi un peu. Peur d’être à sec tout à coup.

Revenir sur l’été qui s’enfuit.

Comme prévu j’ai lu Belle du seigneur, enfin pas tout à fait, mais presque. D’abord ce fût une grosse frustration, trop de pages, une tranche tellement épaisse qu’elle s’est substituée sans vergogne à la pile de livres que j’avais en réserve. 

J’ai lu les trois-quarts de Belle du seigneur, il faut que je termine. On m’en avait parlé, surtout lui, les avis différaient, le sien m'intriguait plus que d'autres.

J’ai l’impression qu’il y a deux sortes de personnes. Ceux qui, qu'ils aient 20 ans, 30, 40, 50 ou 60 ans, seront toujours touchés par ce roman, et les autres. Les autres,  ce sont ceux qui ont été touchés à 20 ans par exemple, mais qui ensuite, blasés, m’ont dit que c’était quand même un roman naïf, un livre pour adolescent. J’aime les premiers plus que les seconds, ils me remuent souvent davantage.

La fameuse pile n’a donc pas diminué, et voilà que déjà les nouveautés fleurissent, et voilà que mon ami Gilles ouvre enfin sa belle librairie.
Le Tumulte des mots[i] elle s’appelle, c’est vraiment un très bel endroit, je vous conseille vivement de passer faire un tour, au moins pour voir et aussi pour l’encourager. C’est presque un acte militant d’ouvrir une librairie aujourd’hui, il faut en avoir notion.

Les gens du quartier se réjouissent, il a été accueilli en héros, remercié, félicité. Je lui souhaite d’en vendre des tonnes de belles histoires.

Moi je vais enfin avoir mon libraire attitré, et ça me réjouit de pouvoir passer des commandes de bouquins à un ami.

Je lui ai déjà acheté quelques livres, des essais pour travailler, et puis quelques romans dont le Franzen et le Reinhardt. Pas lu avant, mais Le Système Victoria, enfin du moins ce que Sylvain en a dit, ça me fait très envie. 

C’était donc l’été, ma saison préférée, je me suis autorisée à ne pas publier, les connexions étaient difficiles à trouver, et puis surtout ce n’était pas le moment.

A de nombreuses occasions pourtant, j’ai eu envie de sortir mon ordinateur de son sac, mais non, ce n’était vraiment pas le moment. Il faisait beau, je n’étais pas seule, et sans solitude on n’écrit pas. C’est impossible. Du moins pour moi, pour les autres, je ne sais pas.

Oui j’ai eu envie d’écrire, de nombreuses fois.

J’ai eu envie d’écrire quand j’ai écouté la BO des Bien-Aimés. Profitant d’un passage éclair à Paris, entre deux plages j’ai pris le temps d’entrer dans une Fnac. C’était le mois d’août, c’était le désert, j’en ai pris cinq, des commandes et des cadeaux.

Je l’ai mis sur mon Iphone et je suis partie à la gare, réjouie, trois heures de train devant moi.

Pas été déçue, non, ce sont de belles chansons, merci Alex Beaupain, élégantes et puissantes. Elles prennent encore plus d’ampleur lorsque vous les retrouvez dans le film de Christophe Honoré.

Ce film est sans doute son plus beau film, une sacrée claque.
Chaque plan est d’une beauté incroyable, j’ai aimé le cadrage, si précis.
J’ai aussi aimé ces personnages si fragiles et si forts à la fois.

Ils m’ont fait penser à certaines personnes, à des histoires autour de moi, à des fragments de vie, de ma vie. Ce film est réussi car il nous concerne tous, on ne peut que s’y reconnaître, par moment.

J’ai eu envie d’écrire quand je suis sortie de la salle, envie d’écrire « Allez-y » je vous en supplie, et n’oubliez pas de le remercier, de les remercier, il faut les remercier ces gens-là, ceux qui saisissent si justement les sentiments.

J’ai eu envie d’écrire quand sur la plage j’ai entendu parler la foule.

Des brèves de plage comme celles évoquées par Alix Girod de l’Ain dans l’Edito du Elle de vendredi dernier, en tendant un peu l’oreille, j’en ai arrachées d’aussi belles moi-aussi.

Alors quand elle retranscrit ce court échange entre deux amies, je la crois facilement:

« - Penser à la rentrée, ça me déprime.

- Allez, y a forcément du positif devant toi, Corinne !

- Mais quoi, alors ?

- Ben, je sais pas moi, un projet, un rêve, un truc à réaliser ?

- Ah ouais, t’as raison, je vais m’acheter un manteau… »

C’est très con, c’est facile, mais ça m’a fait rire…

Et puis je n’ai plus ri, Raoul Ruiz était mort. C’est Sylvain et Facebook qui me l’ont appris.

J’étais sur la plage.

Triste, oui.

Ce billet part dans tous les sens, vous m’en excuserez c’est la reprise, et dans ces moments-là, moi aussi je pars dans tous les sens.

 



[i] Le Tumulte des mots, 6, Rue de Rochechouart, 75009 Paris, métro Cadet

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Published by vaporiserunemouche
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

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