Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 16:07

photo-copie-2.JPG Il y a quelques jours j’ai lu un texte. Un texte écrit par une personne que j’aime et qui m’est chère mais que j’ai envie de tuer aussi parfois. Assez souvent même. Disons plutôt sur qui j’aimerais pouvoir crier.

 

 

J’ai envie de crier quand elle me répond en deux lignes, voire en deux mots, voire en rien du tout.

Quand elle sous-entend que ça ne va pas fort mais qu’elle ne me dit surtout pas pourquoi.

Ou encore, plus rarement, quand je la croise dans un escalier et qu’elle ne me voit pas.

 

Je ne m’attache pas beaucoup aux gens ; c’est assez rare que je sois séduite, touchée, enthousiasmée par une personnalité. Je n'aime que quelques personnes seulement.

Il se trouve que cette personne je l’aime comme on aime un frère, une sœur.

On ne sait pas bien pourquoi, on l’aime parce que c’est comme ça, parce que pour une part ça relève de l’évidence.

On n’y peut rien et pourtant ce n’est pas un hasard, ça ne tient pas à rien. Je dirais que ça tient à une accumulation de traits, de qualités ou de défauts, à une concentration de détails qui vous touchent chez un autre.

Il y a des gens comme ça qu’on aime sans réserve, sans limite, quoi qu’ils fassent, et sans rien attendre en retour. Je dis des gens par protection, pour faire diversion, pour essayer de transformer une sensation assez unique en quelque chose de commun.

Non je ne suis pas amoureuse, n’allez surtout pas croire ça, ce serait une grossière erreur, ce serait transformer quelque chose de léger en quelque chose de lourd, ce serait essayer d’introduire des notions de séduction, de désir là où il n’y en a pas. Je n’ai jamais cherché à le séduire, ni même à lui plaire.

Etonnamment simple, sans enjeu ni arrière-pensée.

 

Cela n’en reste pas moins difficile à gérer ; c’est difficile de trouver sa place, si tant est qu’on en ait une de place. De cela je n’en suis même pas certaine puisque c’est mon point de vue que j’expose ici, et que comme dans la plupart des relations, l’équilibre, la symétrie n’existent pas.

 

S’il lisait cela il ne comprendrait pas.

S’il lisait cela il ne réagirait pas. C’est toujours plus simple de ne rien dire, de laisser couler. Pour cela non plus je ne lui en veux pas.

 

Hier pourtant j’étais triste, triste qu’il ne me dise pas ce qui n’allait pas, et j’étais fière aussi, fière qu’il ait écrit un si beau texte.

Je lui ai dit. Je lui ai aussi dit que j’avais envie de le tuer, qu’il m’énervait –oui, j’étais vraiment énervée, une espèce de colère profonde, froide, contenue,  et puis tout de suite après j’ai regretté.

J’ai regretté de l’ennuyer avec ça, de toucher à sa liberté, sa liberté de se confier ou pas, de parler, ou pas. Il est un peu bourru, je respecte ça, pas envie de l’embêter avec ça.

 

Mais je crois qu’hier, j’étais prête à me faire envoyer balader, prête à tout entendre. J’attendais cela. Mais non rien.

Si en fait, il y a eu un joli message, que j’ai lu beaucoup plus tard, alors que j’étais calmée. Et qui m’a tout particulièrement touchée.

Puis plus rien. Comme toujours.

J’attends toujours plus alors que j’ai déjà beaucoup.

Juste savoir qu’il est là.

 

Son texte, il est vraiment beau, d’une grande sensibilité, tout en retenu. Il est triste aussi.

Il lui ressemble.

 

 

Par vaporiserunemouche - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 22:05

TeZukA portrait w858Hier soir les hommes de Cherkaoui ne portaient pas de jupe. Pas cette fois.

 

Ils étaient nombreux à évoluer sur la scène de la grande halle de la Villette : environ une dizaine de danseurs, trois musiciens, et un calligraphe. Somptueux.

Le spectacle s’appelle Tezuka. Tezuka comme Osamu Tezuka, un des artistes majeurs de l’histoire du manga auquel Sidi Larbi Cherkaoui a décidé de rendre hommage.


Je n’ai aucune attirance pour les mangas, je n’en lis pas, je n’y connais rien. Bon Astro Boy, ça me disait quelque chose, quand même, mais j’atteins très vite les limites d’un sujet qui, pour être honnête, ne m’attire pas spécialement.

C’est donc bien pour Cherkaoui que j’étais là, pour voir de la danse, des corps en mouvement, plus que pour le sujet abordé.

Un spectacle en deux parties, aéré par un entracte. Mais à mi-parcours je n’avais pas besoin d’air. Si les danseurs eux, avaient peut-être besoin de souffler, les spectateurs absolument pas. Pendant les 45 premières minutes, j’ai été surprise, bouleversée, absorbée par ce qui défilait sous mes yeux, par ce ballet atypique, assez indescriptible (disons plutôt que je n’ai pas très envie de décrire).

Tout au long de la soirée, je n’ai cessé de me répéter à moi-même que c’était incroyable, que ce mec était un magicien.


Ce spectacle est magique, esthétique, original, d’une richesse incroyable.


Puis la pause est arrivée, imposée, malgré le fait que je n’avais pas du tout envie d’attendre 20 minutes, malgré le fait que j’avais très envie de rester immergée encore un instant dans cet univers sonore et visuel tellement poétique.

Et puis ça a repris, avec la même énergie, et de nouvelles surprises à chaque instant.

 

J’ai entendu des commentaires moins enthousiastes, déjà à l’entracte, et puis à la fin en sortant, mais je ne partage pas l’avis de ces gens. A ceux que j’ai entendu dire qu’il n’y avait pas assez de danse, j’aurais pu répondre que la danse était partout, dans chaque bras qui se levait, dans l'intensité de chaque déplacement, dans chacune des inventions chorégraphiques que nous avons eues sous les yeux.

Et à ceux que j’ai entendu dire qu’il y avait trop de choses, que le spectacle était trop riche, j’aurais pu répondre que quand c’est beau, ce n’est jamais trop beau.


Cela me fait penser à quelque chose d’autre de beau, de très beau, d’exceptionnel et de quasi unique, à un cadeau d’une valeur inestimable.

Quelque chose qu’il me fallait, que je souhaitais profondément, que j’ai finalement eue.

Maintenant qu’elle est accrochée, là en face de moi, dans mon salon, je me réjouis de pouvoir la contempler, de pouvoir reculer pour l'observer de loin, de pouvoir m’approcher d’elle à chaque instant. Je me réjouis de pouvoir juste y jeter un œil en passant, de pouvoir m’arrêter et l’observer longuement, dans ses moindres détails.

 

Cette photo je l’aime vraiment.

 

En parlant de cadeau, j’en profite pour célébrer une date anniversaire : et oui, le 16 avril ce blog a eu un an. Un an déjà que j’essaie d’écrire à peu près régulièrement sur à peu près n’importe quoi. Le temps passe tellement vite que j’ai raté la date ; je m’en veux un peu, comme si j’avais raté l’anniversaire d’un ami qui m’est cher. Car finalement ce blog c’est un peu comme un ami, j’y pense très régulièrement. Je ne dirais pas qu’il m’obsède, non, comme un ami j’ai dit, mais que j’y pense oui. Avec tristesse parfois, car je regrette de le délaisser trop souvent, et avec une grande tendresse aussi bien sûr. J’aime bien l’idée qu’il existe, qu’il soit là.


Comme un ami.

Par vaporiserunemouche - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 21:58

e5e27afd-ac47-c6d5-c5f3-e670286c7112Ca y est, le débat c’est maintenant.

Et dimanche soir, cette longue histoire se finira.

Enfin.

Ras le bol de cette campagne, de cet entre deux tours qui n’en finit pas, de ces conneries qu’on entend à longueur de journée, de ces petits matins rendus difficiles par ces voix, ces mots qui sortent de la radio.

Quatre jours. Soyons patients, croisons les doigts.

 Mais j’ai un peu peur.

Peur qu’à l’aide de pirouettes, de saltos, et de numéros d’équilibriste, l’autre, le mauvais, arrive à convaincre les gens, ces gens qui sont, paraît-il, encore hésitants.

 Je dois dire que j’ai du mal à les comprendre, ces gens : comment peut-on encore être hésitant ? Je n’hésite pas, pas une seule seconde, je trouve même qu’on n’a pas le choix. Quand on a un minimum de respect pour l’Autre, pour les autres, ceux qui non entourent, ceux avec qui on vit, on n’a pas le choix, non. Une seule possibilité. Alors ce débat, on s’en fiche un peu, tout a déjà été dit, on a les cartes en main, me semble-t-il.

Pas envie de faire un billet politique, non, mais difficile d’échapper à ce déferlement de propos agaçants, déprimants, énervants. Effectivement ça énerve cette histoire, et à force d’entendre des horreurs à longueur de journée, on vire mauvais. C’est triste mais c’est ainsi.

Alors n’épiloguons pas davantage sur ce qui énerve, pas ici, essayons juste de tenir bon, de ne pas tuer quelqu’un de l’autre bord, de ne pas sauter par la fenêtre de désespoir, de ne pas se désintéresser de tous ces sujets pourtant si importants.

Stop, qu’on en finisse, et que ça finisse bien en plus. Car j’espère pouvoir me réjouir dimanche soir, me détendre en les regardant s’énerver tous seuls, les perdants, à un moment où ils ne pourront plus rien faire. Ils pourront continuer à revendiquer leur bêtise, ça, rien ne les en empêchera, mais au moins, on ne sera plus obligé de se les farcir, comme dirait l’autre.

J’espère même fêter la victoire au champagne, tant qu’à faire. (Au champagne oui, n’en déplaise aux abrutis qui n’ont toujours pas compris qu’on peut avoir des idées de gauche et ne pas être allergique au champagne ; au nombre de conneries entendues sur le sujet, je préfère être claire et préciser d'emblée que non, valeurs de gauche et plaisirs ne sont pas incompatibles.)

Mais j’ai un peu peur.

Peur que contrairement à ce qui est annoncé, l’autre, le mauvais, gagne. Tout simplement.

Demain je pars en week-end, oui au milieu de la semaine, et d’aucuns auront tout le loisir de s’interroger sur la nature de mon travail, peut-être avanceront-ils même que ce n’est sans doute pas un vrai travail, allez savoir. Et bien à ceux-là je dis merde, comme ça gratuitement, en prévision d’un éventuel commentaire malheureux. On vire agressif à force de se faire agresser, c’est con, mais c’est comme ça. Et je dois reconnaître qu’après une telle quinzaine, j’ai envie d‘emplâtrer tous les gens de droite, qui justifient honteusement les propos de leur candidat. C’est sans doute idiot, il y a peut-être des gens de droite intelligents, mais en ce moment j’avoue que j’ai de gros doutes, vraiment.

Donc j’ai un peu peur.

Peur que le ton monte, qu’on s’invective, peur de les détester pour leurs idées, pour ce qu’ils sont par conséquent.

Car il se trouve que là où je vais, dans ma famille, ils soutiennent l’autre, le mauvais. Il se trouve qu’ils le revendiquent haut et fort, le plus fort possible même. Et que c’est compliqué de résister en face.

Soit on ne dit rien, on s’écrase, on encaisse. Alors on se sent lâche.

Soit on rentre dans le jeu et on argumente. Mais personne ne nous écoute ni ne nous entend, car eux ne débattent jamais, ils préfèrent asséner leurs coups avec violence et sans sommation.

Alors souhaitez-moi bonne chance, ces quelques jours au vert ne vont pas être de tout repos.

Et bon week-end à vous ; n’oubliez pas de rentrer dimanche pour voter, sauf si bien sûr, vous et Nicolas…

 

Par vaporiserunemouche - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 16:14

9782879293042FS.gifWho will remember your fingers?


Their winged life? They flew


With the light in your look.

[…]

I remember your fingers. And your daughter’s


Fingers remember your fingers
In everything they do.


Her fingers obey and honour your fingers,


The Lares and Penates of our house.

 

Ted Hughes, Fingers

 

107 ans au théâtre Montmartre Galabru, j’y étais jeudi soir. Une adaptation du texte de Diastème mise en scène et jouée par Grégory Sauvion. (Dernière représentation officielle jeudi prochain, avec peut-être une reprise ou des prolongations, à surveiller, a-t-il dit.)

Je me rappelais très bien du livre, lu il y a pourtant un certain temps. Je me rappelais de Simon, de Lucie, déjà vus sur scène dans La Nuit du thermomètre.

107 ans est un texte qu’on n’oublie pas, qui reste là malgré le temps, c’est un texte qui ne bouge pas, ne s’en va pas, et pourtant je n’ai pas une bonne mémoire, j’oublie tout. Sauf les choses importantes en fait ; et les détails, comme Simon, les choses dont tout le monde se fout, que personne ne voit.

Ce livre est important. Cette pièce est importante aussi, et depuis la scène Grégory Sauvion nous montre combien il a lui aussi été bouleversé par cette histoire. Il se l’est appropriée et restitue à ses spectateurs quelque chose de fort et de bouleversant. La salle est toute petite, la proximité est incontournable, on est assis au plus près de sa douleur.

Simon parle, ne s’arrête jamais de parler, nous livre ses secrets ; dans un monologue introspectif, construit sur le mode de la confidence, rythmé par des bas, beaucoup, mais par des hauts aussi parfois, il refait le film, recompose le passé à l’aide de souvenirs omniprésents, expose sa vision de l’histoire, sa réalité, avec un certain humour, malgré le malheur qui l’étouffe. Qui l’empêche de vivre et d’avancer.

Ce sont les mots de Diastème qui prennent vie devant nous, des mots qu’on a tellement aimés, tellement écoutés. Car ce texte s’écoute, musique d’une passion obsessionnelle ou d’une histoire d’amour qui prend la forme d’une obsession. Comme toutes les vraies histoires d’amour. L’amour est une névrose obsessionnelle a dit Diastème. Il me semble que ce récit en est une belle illustration.

107 ans, éditions de l’Olivier, 2003. L’essentiel du texte est là. Il y a bien quelques coupes, malheureuses mais sans doute nécessaires, comme cette évocation du poème de Ted Hughes et ce vers, sublime,

Qui se souviendra de tes doigts ?

J’adore cette phrase, qui veut tout dire, que j’ai attendue mais qui n’est jamais venue.

107 ans dernier acte : Simon veut nous convaincre, se convaincre que les blessures se sont cicatrisées, mais nous n’y croyons pas. Contrairement à ce qu’on dit, le temps ne guérit rien du tout, le temps ne suffit pas à effacer les séquelles de l’amour absolu. Les stigmates de cette histoire seront toujours visibles, inscrits dans sa chair, au cutter, et dans son cœur surtout.

Le temps de la convalescence amoureuse est infini, la date de fin n’arrivera pas, dans 107 ans, il sera toujours là. A se souvenir, à attendre, à espérer.

Est-ce que là où tu habites, maintenant, tu penses à moi tous les jours, comme je pense à toi tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits, à chaque seconde, chaque instant ? Est-ce que l'oubli est nécessaire à la survie ? Est-ce qu'on peut faire son travail de deuil lorsque la personne n'est pas morte ?  

J’aime à croire qu’un jour Simon retrouvera Lucie, qu’elle reviendra.

Envie de mettre une bande-son pour une fois.

 

 

Par vaporiserunemouche - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 09:33

joey-starr.jpg Je détiens un scoop, mais alors un vrai scoop, un scoop tellement scoop que j’ai décidé de lui consacrer un billet.

Faisons simple, allons droit au but.

Vous connaissez JoeyStarr ? Vous connaissez le Navibot ? Maintenant, êtes-vous capable d’imaginer JoeyStarr à côté d’un Navibot ? Vous souriez, vous grimacez, c’est normal. (Me semble-t-il.)

Tout de suite une mise au point : attention à l’orthographe de JoeyStarr, c’est un sujet sensible, très précis, qui touche directement à l’identité de l’artiste, à sa personnalité, c’est important donc, alors on s’applique. On n’écrit surtout pas Joey Starr, ni Joeystarr, ni même Joey Star, sinon on a tout faux. Mais si on trouve ça trop compliqué, on peut aussi écrire Didier, c’est plus simple et ça veut dire la même chose.

Bref, revenons au scoop. Et bien le scoop, c’est que JoeyStarr, le vrai, celui qui a une grosse voix et qui hurle sur tout ce qu’il croise (mais qui est, paraît-il, fort sympathique ; je n’en doute pas, mais quand même), celui-là même donc, possède son propre Navibot, son propre aspirateur-robot si vous préférez. (Je traduis pour les moins connectés d’entre vous.)

Si c’est pas du scoop ça ! Moi ça m’a d’abord laissée sans voix, les bras m’en sont tombés, et puis après, dans un second temps, j’ai gloussé, frénétiquement.
Maintenant à chaque fois que je vois JoeyStarr, je ris, c’est comme ça. Je n’y peux rien, j’imagine le Jaguar, c’est quand même comme ça qu’il s’est fait appeler à un moment, contempler son aspirateur-robot tournoyer dans son salon.

Peut-être même qu’il lui parle, allez savoir, peut-être même qu’il lui a donné un petit surnom. Si on voulait faire des raccourcis, il suffirait d’écrire que Joey Star a pris un animal de compagnie, et qu’il l’a appelé Navi.

L’autre soir, j’ai jeté un œil sur le live de son concert à l’Olympia, une retransmission en direct sur Arte, comme ça par curiosité, parce qu’on m’avait invitée mais que j’avais eu la flemme d’y aller. Et là j’ai vu Joey et son air mauvais, sautillant, se désaltérant avec quelques rasades de vodka, j’ai entendu sa grosse voix grave, il hurlait, éructait, il faisait presque peur. Comme l’ont écrit quelques critiques, « le fauve a fait rugir l’Olympia ce soir-là ».

Et puis j’ai pensé au Navibot du fauve et là, tout s’est écroulé, j’ai commencé à ricaner. Et j’ai soudain eu très envie de l’appeler Didier.

Je m’avance peut-être car si ça se trouve, à l’heure qu’il est, Navi est mort, disloqué à la feuille de boucher, ou atomisé contre un mur parce qu’il est passé à côté d’une miette sans la ramasser. Si je vous dit ça c’est que je sais, de source sûre toujours, que Didier n’était pas très satisfait de son robot les premiers jours. La source sûre avançait même qu’il était énervé par Navi… Cela ne laissait rien présager de bon quant à l’issue de cette histoire, mais il est aussi possible qu’ils aient appris à se connaître et qu’ils se soient mutuellement adoptés.

Si j’ai des nouvelles fraîches du Jaguar et du Navibot, promis, je ferai une mise à jour. Il ne faut pas plaisanter avec des sujets aussi brûlants qui, j’en ai bien notion, sont susceptibles de vous empêcher de dormir.

Par vaporiserunemouche - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Avant-propos

"C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (à quoi? à me relire, hélas!), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes: vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûri sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles, etc. : je drague.

(La drague relève de cette passion que Fourier appelait la Variante, l’Alternante, la Papillonne.)"

Roland Barthes par Roland Barthes

 
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